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Pierre qui Roule.com

Le véritable esprit de révolte consiste à exiger le bonheur, ici, dans la vie ! (H.Ibsen)

Action pour les retraites : EELV !

Ce ne sont pour l'instant que des initiatives isolées, venant de la gauche du parti. Mais elles pourraient rapidement diffuser. Ces derniers jours, plusieurs écologistes ont pris position contre la réforme des retraites telle que l'envisage le gouvernement à la rentrée. Alain Lipietz, ancien député européen, Karima Delli, députée européenne, et Jérôme Gleizes, membre du bureau exécutif d'EELV, ont ainsi signé la pétition lancée, mercredi 10 juillet, par Attac et la fondation Copernic et intitulée"Ensemble, défendons nos retraites".

"Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraités, la destruction des solidarités sociales, l'idéologie absurde du 'travailler toujours plus' dans une société productiviste inégalitaire. Cet engrenage favorise l'extrême droite et menace à terme la démocratie", affirment les signataires, parmi lesquels on retrouve également Pierre Laurent (PCF), Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), Gérard Filoche (PS), Philippe Poutou (NPA), des syndicalistes (FSU, CGT, UNEF) ou encore des économistes et sociologues.

Débats

"Par rapport au mouvement [EELV], ce serait une erreur de ne pas y être associé", estime M. Gleizes. Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat, envisage aussi de signer cette pétition. Jeudi, c'est le député Noël Mamère qui s'exprimait dans une tribune collective publiée dans Libération et intitulée "Retraites : la bourse ou la vie ?". En interne, le sujet n'a pas encore été tranché mais il ne manquera pas de faire débat à la rentrée. Et pourrait entraîner de nouvelles tensions avec le gouvernement.

En 2010, le parti écologiste avait manifesté, aux côtés des socialistes et du Front de gauche, contre la réforme Fillon qui prévoyait de reculer l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans. "On ne peut pas, quand on est dans l'opposition, critiquer la réforme Fillon et la mettre en application quand on est au gouvernement", s'agace Mme Delli. Cette dernière veut donc envoyer un "signal d'alerte". Si elle se dit favorable à une réforme des retraites, pour elle, il n'y a aucune urgence à la faire aussi vite – le gouvernement veut la boucler d'ici à la fin de l'année. Pour M. Mamère, une nouvelle réforme "n'est pas forcément le plus nécessaire ni le plus urgent". "Si cette réforme ne nous convient pas, je voterai contre, prévient le député de la Gironde. Je me garde toute liberté de vote."

"Ligne rouge"

En cause notamment, la piste envisagée par le gouvernement d'allonger la durée de cotisation, actuellement à 41,5 ans. Pour M. Gleizes, c'est même "la ligne rouge". A plusieurs reprises, Pascal Durand a lui-même dénoncé "une solution simpliste" et critiqué "une réforme d'épicier". Mais certains, à EELV, aimeraient que leur secrétaire national prenne plus clairement position. "En vérité, il est plutôt proche des positions de la CFDT mais comme il connaît l'avis majoritaire du parti, il se planque, tacle un cadre du parti. Le problème, c'est que ça commence à se voir."

Pour les écologistes, les questions de pénibilité, d'égalité hommes-femmes, des petites pensions mais aussi du temps de travail doivent être au cœur du sujet. Sur la question du financement, M. Placé, lui, se retrouve dans les propositions défendues par l'aile gauche du PS (lien abonnés). "Il faudra affiner par rapport à la CSG, la fiscalité du capital, les cotisations patronales ou encore la taxation plus accrue des retraités les plus aisés", explique le sénateur de l'Essonne.

Dans la foulée de la pétition d'Attac, réunions d'informations et meetings unitaires sont prévus. "Ça part comme en 2010, tous les comités locaux de l'époque se réactivent, se réjouit M. Gleizes. Les gens préparent le 10 septembre." A cette date, la CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent à manifester. Ce qui étonne Yannick Jadot, député européen, même si ce dernier considère que le débat a été mal engagé. "Je suis surpris d'entendre, y compris à gauche, des appels à manifester avant même que des propositions soient sur la table, juge ce proche de Daniel Cohn-Bendit. C'est ridicule." M. Gleizes n'en a cure. Pour lui, "c'est une bataille qui peut être gagnée". C'est décidé, le 10 septembre, il sera dans la rue, même sans l'aval de son parti. "Le devoir de réserve, c'est terminé", lâche-t-il.

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